Voyage d'études J4: Visite du centre historique de Rennes

October 9, 2015

Présentation de la visite

 

 

 

Pour bien commencer la dernière journée de ce voyage, nous avons visité le centre historique de Rennes. Départ au pied de la cathédrale reconstruite au XVIème siècle avec une façade du XVIIIème ornée de la tête de Louis XIV sur son fronton. Cette sculpture avait été commandée pour amadouer le roi et le décider à ramener le Parlement dans la ville (il a été déplacé à Vannes après que les Rennais ont refusé de payer de nouvelles taxes).


Nous poursuivons la visite place des Lices, située initialement à l’extérieur des remparts de la ville pour accueillir les tournois et un marché aux bestiaux par mois. Lorsque le Parlement s’installe à Rennes en 1532, la ville devient capitale de la Bretagne et s’enrichit considérablement avec l’arrivée des parlementaires. Ces derniers commencent à construire leur hôtel particulier à l’extérieur des remparts) par manque de place au sein de l’enceinte. La place est restée l’une des plus appréciées des Rennais, notamment grâce à son marché pittoresque du samedi matin. Au centre de la place trônent des halles construites sur le modèle de celles de Baltard.


En empruntant une petite ruelle nous rentrons à nouveau dans la vieille ville via la porte Mordelaise, dernière porte encore debout et celle qui servait d’entrée au futur duc de Bretagne avant de recevoir sa couronne au terme d’une nuit de prière à la cathédrale. Bien que très peu connue mais vouée à une restauration importante, elle est le témoin privilégiée de l’histoire de la ville. Dès le VIème siècle avant Jésus-Christ les Romains développent la cité au Nord de la Vilaine avant de la fortifier trois siècles plus tard.


A partir du VIIème siècle l’Armorique devient Bretagne suite à l’arrivée en masse de Bretons. Dès lors le territoire doit faire face à deux royaumes : Angleterre et France. Les fortifications se multiplient au XVème siècle mais le rattachement définitif à la France un siècle plus tard les rend caducs.


Le cheminement dans les rues de la vieille ville illustre l’évolution de la construction en pans de bois. Au début du XVIème siècle, on construit en encorbellement pour échapper en partie à la taxe liée à la surface occupée au sol et pour protéger les façades de la pluie. Un siècle et demi plus tard, la taxe en question disparait, les façades deviennent planes avec le rez-de-chaussée en pierre pour mieux résister aux assauts de la pluie. En décembre 1720, un grand incendie qui dura 6 jours ravagea plus de huit cent maisons. A la suite de cet incident, il fut interdit de construire en bois et toutes les façades furent recouvertes de crépis ou d’ardoises.

 

La place de la mairie illustre parfaitement la reconstruction menée par Jacques Gabriel (architecte du Roi) après l’incendie. Il souhaite reconstruire la ville sur le modèle du Parlement : rez-de-chaussée en granit et étages en pierre blanche. Sur cette place il reconstruit un bâtiment sur toute la largeur avec en son centre une statue de Louis XV pour asseoir le statut de place royale. Cette statue ayant disparue à la Révolution, elle fut remplacée en 1911 par une autre d’Anne de Bretagne à genou devant Charles VIII en symbole du rattachement de la Bretagne à la France. En 1932 (anniversaire de ce rattachement) les indépendantistes la font sauter. En face de l’actuelle mairie, un opéra a été bâti sur le même modèle (comme deux pièces de puzzle emboitables). Du milieu de la place s’offre aux yeux du visiteur la poste de Rennes construite le long de la Vilaine pour rapprocher les Rennais de la partie Sud de la ville après avoir canalisé la rivière.


La deuxième place royale de la ville est celle du Parlement dont les plans ont été dessinés par Salomon de Brosse. Le chantier aura duré cent ans en comptant la moitié pour le gros-œuvre et l’autre moitié pour les décors. Il garde son statut de justice après la Révolution qui met fin aux Parlements de province. Le 4 février 1994, une manifestation de marins pêcheurs dégénère et la toiture de l’édifice prend feu en fin de journée. Il aura fallu dix ans de restauration et 53 millions d’euros pour réparer les dégâts. L’intérieur du bâtiment est encore plus richement décoré que l’extérieur. La salle des pas perdus a vu son plafond être complètement refait après l’incendie, seul le granit qui a roussi au sol témoigne encore de la fureur des flammes.


Deux autres salles nous ont été ouvertes. La Grand Chambre qui sert actuellement de salle d’apparat, avait pour vocation de servir pour toutes les réunions publiques du Parlement de Bretagne. A ce titre, deux loges pour le Roi et la Reine de France avaient été prévues. Le plafond à caisson a été très lourdement décoré dans des ateliers parisiens avec notamment des peintures de Charles Errard. Au centre de ce plafond se trouve représenté le triomphe de la justice et de la vérité. Au fond de la pièce se trouve une tapisserie des Gobelins figurant la mort de Bertrand du Guesclin. L’autre salle ouverte à la visite est une salle d’audience avec, là encore, un plafond à caisson richement orné et présentant un ciel ennuagé s’interprétant comme la justice divine, ou bien illustrant la sérénité des débats entre autres théories.

 

 

Remerciements

 

Nous remercions notre guide qui nous a accompagnés durant la visite.

 

 

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