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Voyage d'études J2: Visite de la Cité Radieuse à Rezé


Présentation du projet

Après la visite du chantier de la nouvelle Ecole des Beaux Arts de Nantes, nous nous rendons à Rezé pour une visite de la Cité Radieuse. Cette unité d’habitation (ce « village vertical ») est la plus petite des 5 cités construites à l’initiative du Corbusier (Marseille, Berlin, Briey, Firminy). Construite entre 1953 et 1955, elle ne contient que 294 logements, un bureau de poste, un marché certains jours de la semaine et une école maternelle sur le toit.

Visite

Comme toutes les Cités imaginées par Le Corbusier, ce bâtiment en béton brut et aux ouvertures colorées se situe un peu en retrait, entouré de verdure et d’un étang. Le Rez-de-Chaussée n’est constitué que de pylônes et de l’entrée, offrant ainsi une vue dégagée sur le parc tout en diminuant l’aspect massif et imposant du bâtiment.

Nous nous dirigeons directement sur la toiture terrasse qui, de ces 52m de haut, offre une vue panoramique sur Nantes et ses environs. Une des caractéristiques communes aux Cités Radieuses est l’espace de la toiture terrasse dédié à la culture et au sport. Toutefois, les coûts étant trop élevés pour ce projet, on n’y trouve qu’une école maternelle sur le toit, avec sa façade percée façon notes de musique du Moyen-Age, sa cour de récréation et sa petite « piste d’athlétisme ».

Même si le système de location coopérative instauré à l’origine a disparu avec la loi Chalandon, une des particularités de cette cité est qu’elle offre une grande mixité sociale, sans aucun cloisonnement entre les propriétaires (45%) et les locataires HLM (55%).

Nous poursuivons la visite par la découverte d’un appartement témoin, appartenant à la mairie, il a été conservé dans son état d’origine. Cet appartement, le 601, se situe dans la 6ème rue, rue la plus élevée du village. En effet, chaque rue s’étend sur 3 niveaux successifs. L’ascenseur nous dépose au niveau de l’étage central : les plafonds y sont bas, les couloirs larges mais sombres (peinture noire, avec quelques touches de couleurs vives), on y trouve les boîtes aux lettres et les portes d’entrée aux logements (avec les numéros pairs et impairs de chaque côté de la rue). La volonté du Corbusier était que ces couloirs soient uniquement des espaces de circulation et non de stationnement, le côté obscur et bas de plafond n’invitant pas les passants à discuter longuement, contraste avec les logements voulus lumineux.

Le plan des logements a été conçu de façon à ce que les logements soient en duplex et traversants. Ainsi en rentrant au niveau central, on trouve de part et d’autre de la rue un duplex haut et un duplex bas. L’appartement 601 est un T4 de 67m2. Il reflète l’optimisation de l’espace imaginée pour que les occupants mènent une vie confortable dans un appartement modulable. Pour cela, Le Corbusier a pris pour système de mesure « Le Modulor », un homme d’1m83. Ainsi, le niveau des garde-corps se situe au nombril du Modulor, le plafond correspond à la hauteur du Modulor le bras levé, etc..

L’entrée se fait par un petit vestibule débouchant sur une cuisine plutôt compacte, ouverte sur le salon/salle à manger donnant sur le balcon. A l’étage, se trouvent les 3 chambres et la salle de bain. La cloison séparant les chambres de forme allongées des enfants est un tableau à craie, qui est mobile et permet ainsi de créer un grand espace de jeu en rassemblant les deux chambres. L’esprit de l’appartement fait penser à une cabine de bateau : de nombreux parements muraux sont en bois, l’espace est optimisé au maximum, les portes de la salle de bainaux bords arrondis.

On découvre dans cet appartement de nombreux concepts avant-gardistes pour l’époque: isolation très performante, chauffage au sol, cuisine « américaine », cloison mobile, douche à l’italienne, wc séparés... Mais aussi une attention poussée dans les détails pratiques : passe-plat donnant sur la rue servant pour le livreur de lait et le pain, rampes de tailles différentes pour les enfants et adultes, fentes percées dans les marches d’escalier pour que les bébés puissent grimper,...

Malgré une vie de « village » moins développée que dans les autres Cités Radieuses (absence de commerces), nous avons la surprise de trouver le marché installé dans le hall à notre sortie d’ascenseur. La Cité Radieuse de Rezé est une belle illustration de la pensée du Corbusier concernant les Unités d’Habitation dans les années 50.

Remerciements

Nous remercions Nantes Métropole pour avoir organisé cette visite.

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